Esprit de l'internat

A l’origine du pensionnat Notre-Dame-des-Blanches, il y a la conviction que la maturité humaine et spirituelle des jeunes suppose aujourd’hui davantage que des « temps forts ». Les camps chrétiens et les activités extraordinaires organisés pendant les vacances scolaires ou des espaces de formation comme le scoutisme peuvent être un grand lieu d’éducation. Mais souvent, ils appellent une continuité que les parents peinent à transmettre à leurs enfants. Le pensionnat vise à ne pas isoler la formation de la personne et l’intériorisation de la vie chrétienne à des « temps forts », souvent éphémères. Il s’agit de proposer une formation continue dans un esprit vivant et joyeux de vie commune en vue d’une éducation de toute la personnalité du jeune garçon. L’internat de Pontlevoy n’est ni un petit séminaire ni un internat ordinaire. Il souhaite former des adolescents à une attitude intérieure de responsabilité et d’engagement, éduquer à une vie humaine, intellectuelle et spirituelle à la mesure du défi de la sainteté dans le monde actuel. Il nous semble que cette proposition est adaptée aux besoins du temps, aux défis affectifs et psychologiques des adolescents de notre époque, au moins en France, et à la sollicitude de l’Eglise pour les vocations chrétiennes engagées. Les lacunes affectives et psychologiques, le peu d’élan à la vie intellectuelle, les situations familiales parfois blessées, la grande agressivité de l’immoralité ambiante rendent l’enracinement de la vie spirituelle très fragile sans une éducation humaine forte.

Les moyens sont simples et sont ceux de la vie commune : Etude dirigée, repas et détentes partagées, pour ce qui est de la vie quotidienne « ordinaire ». Messes, complies, préparation aux sacrements d’initiation, confession et accompagnement humain et spirituel, pour ce qui regarde le soin de l’âme. L’ensemble forme un tout. Bien des établissements scolaires encadrés par des consacrés ont vécu avant nous ce qui se vit dans notre internat. L’art de vivre ensemble, qui n’est pas chose aisée pour l’âge dit ingrat, définira le mieux la spécificité de cette vie. Deux mots clés pourrait résumer l’éducation proposée : Confiance et Responsabilité. 1) Si la vie doit être réglée avec autorité car l’adolescent en a besoin et au fond, y aspire, la confiance doit être le maître mot de la relation du jeune avec son éducateur, surtout s’il est prêtre. C’est par le canal de cette confiance, patiemment établie, qu’il est possible de conduire vers les hauteurs. Impossible d’éveiller l’adolescent à la vraie joie si l’on n’aime pas et si l’on ne se fait pas aimer, et ce dans une grande gratuité de la part de l’éducateur. 2) La responsabilité, de soi-même et de l’autre, est au cœur de l’éducation : responsabilité de sa personne, devant Dieu et devant sa conscience ; responsabilité du travail bien fait, responsabilité de l’autre dans l’apprentissage de l’amitié, du respect de la différence et de la faiblesse, du soutien mutuel ; responsabilité aussi, quand on est catholique, du bien de l’Eglise entière, proche et universelle.

L’internat doit être une famille. Le type de vie proposée suppose donc que les garçons entrant aient la volonté positive de vivre cette vie commune, que cette volonté soit initialement la leur, ou qu’ils consentent volontiers à une proposition de leurs parents.